Les potagers gratuits débarquent en France

Planter des fruits et légumes en ville pour les partager gratuitement, voilà l’idée des Incroyables comestibles, un mouvement participatif citoyen né en Angleterre, et qui s’étend à présent aux quatre coins de la France.

Tout a commencé à Todmorden, en 2008. Mary Clear et Pam Warhurst, conseillères en développement local, souhaitent redynamiser leur ville, touchée par la crise et le chômage. Elles décident de cultiver salades, poireaux et pommes de terre dans les espaces libres de leur rue, puis y placent un panneau où il est écrit « Food to share » (soit « Nourriture à partager »). Une démarche solidaire qui permet alors d’aider les familles les plus fragiles. Aujourd’hui, presque toute la ville s’investit dans ces potagers gratuits et 70 bacs ont été installés jusqu’à devant la caserne des pompiers, l’hôpital, la station ferroviaire et le commissariat.

En France, les Incroyables comestibles sont nés en Alsace, dans les villages de Colroy-la-Roche et Fréland. Les premières tentatives sont lancées en mars 2012, mais le projet a du mal à prendre. L’équipe met alors au point une méthode simple, en cinq étapes, et accessible à tout citoyen motivé : d’abord, se photographier devant la pancarte de la ville, puis créer un blog pour partager la photo. Ensuite, réaliser un bac de plantation devant chez soi, et en parler avec ses amis et voisins pour étendre l’action. Enfin, rallier les élus locaux à la démarche.

« C’est toute une économie locale qui se retisse et de nouveaux liens qui se créent entre les habitants, les élus et les producteurs locaux, constate François Rouillay, co-fondateur du mouvement en Alsace. Cela nous permet aussi de repenser notre rapport à la nature et à l’alimentation. » Car au-delà des valeurs de partage qui sont véhiculées, les Incroyables comestibles proposent un nouveau modèle de société où la production d’une nourriture de qualité est relocalisée.

L’idée séduit et s’étend. A présent, des groupes ont démarré à Strasbourg, Lyon, Rouen, Bayonne, Bastia, Marseille… Mais malgré l’intérêt d’une telle initiative, « c’est le début, les gens n’osent pas. On n’est plus habitués à la gratuité et au partage », comme l’explique Audrey Marchand au quotidien La Voix du Nord. Cette co-initiatrice de la démarche à Béthune se rappelle même « un couple de SDF qui regarde les panneaux, interloqué, et qui sonne pour nous demander quelque chose à manger. Effet inattendu mais cohérent. »

Au Vigan, nous débutons tout doucement. Un bac de plantes aromatiques a été installé devant le Galoupio, un local associatif.
(tiré,avec son accord, d’un article de Alexandre Lecouillard pour Human & terre)
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